Expositions

L'association Hormigas organise 1 à 2 expositions par ans pour la ville d'Hyères les palmiers. Ces expositions d'Histoire de l'Art et d'Archéologie permettent de mettre en valeur le patrimoine de la ville et la collection du Musée municipal.

De plus l'association apporte son soutien lors de la réalisation des expositions d'art du service des affaires culturelles ainsi qu'aux livrets de la collection Hyères Patrimoine.

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Paysages (2003) :

L'exposition rassemble 40 oeuvres issues des collections municipales. Ainsi rassemblés ces paysages composent une mosaïque de styles où l'homme et la nature s'échange mutuellement le premier rôle. Le parfait conformisme académique y cotoie la peinture intuitive, l'italie la bavière, et la mer la terre. Afin de définir un ordre dans la présentation des oeuvres, la disposition scénographique s'appuie sur les intentions d'acquisitions d'Emmanuel Charles Benezit conservateur du musée d'Hyères. Celles-ci parurent dans la vie Hyèroise de 1932 : "Notre programme s'étend donc volontairement de 1830 à 1880. Durant cette période, trois grands courants artistiques s'affirmèrent. Le romantisme, de 1830 à 1850 avec Delacroix, le réalisme de Courbet à partir de 1850, le Naturalisme suivit de l'impressionisme, avec Manet, Monet, Renoir et Cézanne. Nous avons également comme ligne de conduite : tout ce qui est méridional est nôtre".

L'épave de la madrague (2003) :

L'épave de la madrague de Giens est l'unique exemplaire fouillé d'un voilier marchand romain du 1er siècle avant JC. Sa longueur de 40 metres lui permettait d'embarquer 400 tonnes de cargaison soit environ 7000 amphores. L'exposition propose de partir à la découverte de ce navire qui entrait dans la catégorie des plus gros bateaux de commerce de l'antiquité. Var Matin 2003

 

Architecture Militaire Médiévale (2004) :

Du Xème au XVème siècle, le midi comme le reste de l'Europe mutede façon fondamentale. Cette nouvelle organisation sociale se traduit dans le paysage par la création de nouveaux bourgs appelés à devenir de vraies ville. Ce fut le cas pour Hyères. Un des points commun à tous ces centres urbains est leur système de défense complexe. Cette exposition permet de découvrir l'évolution de cette architecture militaire du bourg Castral jusqu'aux fortd des îles. Var Matin 2004

 

Napoléon de la République à l'Empire (2005) :

L'exposition présente une reproduction interactive du sacre de Napoléon peint par Louis David. l'image du tableau est projetée sur une dalle tactile de 2m2. l'utilisation de cet outil est une première mondiale dans la médiation culturelle. Les visuels fournis par le Musée du Louvre ainsi que les extraits vidéo du film "le sacre de l'image" permettent de découvrir l'histoire du tableau et de séparer les deux sacres, celui de la cérémonie de 1804 et celui représenté par David. La volonté de truquer la réalité pour que les faits correspondent à des objectifs politiques s'illustre ici dans une oeuvre au service du pouvoir et de sa propagande. David s'y emploie sur la toile géante avec un génie rarement égalé, ce qui fera dire à Napoléon : "vous avez deviné ma pensée, vous m'avez fait chevalier Français". Par opposition l'exposition propose une dizaines d'affiches révolutionnaires reprenant les textes de lois votés par la convention nationale qui les utilise comme moyen de communication à travers la France. La serie exposée fut imprimé à Toulon. Elle présente les textes dans leur plus simple expression préférant le fond à la forme. Elle rappelle la formule d'un calandrier Révolutionnaire pour la période Vendémiaire et Brumaire : "l'inutilité de la parure". Var Matin 2005

 

Architecture Militaire (Médiévale/Renaissance) (2005) :

Les forts sont intimement liés aux conflits entre les principales puissances Européennes ainsi qu’à l’évolution de la navigation à laquelle ils s’adaptent. Ils sont érigés pour soutenir les navires qui se réfugient à l’abri de leurs canons et pour contrôler les points de passage des routes maritimes de plus en plus fréquentées. Leur rôle peut alors être comparé à celui des fortifications verrouillant les cols transalpins. Ainsi, chacun des forts présentés est donc accompagné par son double flottant (un fort, un bateau). Mais étant le plus souvent inutilisables par faute d'entretien et d'occupants, ils n'ont jamais joué le rôle qui leur était dévolu : sécuriser la rade. Var Matin Septembre 2005

 Hyères Patrimoine (2006) :

Où passe le passé ? Faute de pouvoir vérifier l'hypothèse fantastique d'un monde parallèle où le passé continuerait de se dérouler, on dira que le passé passe dans l'histoire. Mais l'histoire n'existe pas en elle-même. Car l'histoire n'existe pas en dehors des livres d'histoire, et les livres d'histoire ne tombent pas du ciel. Les livres d'histoire sont écrits et le problème devient celui de leur vérité : comment être sûr que les livres d'histoire ne racontent pas d'histoires ? Aux Etats-Unis, aujourd'hui, des groupes militants chrétiens, juifs, musulmans ou

hindous cherchent à intervenir dans le contenu des manuels d'histoire pour qu'y soit avantageusement représentée leur religion au détriment de la réalité. On sait par exemple l'offensive chrétienne contre la théorie de l'évolution. En France, en 2005, quelques députés soucieux de leur électorat ont tenté d'écrire

l'histoire en faisant voter en catimini une loi affirmant « le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord ». Une formulation trop partisane que le Conseil Constitutionnel a dû ensuite annuler. Vae victis ! Malheur aux vaincus ! L'histoire, selon l'adage, est écrite par les vainqueurs. Mais ce n'est que leur histoire qui prétend à la vérité de l'histoire. Quant aux fanatiques et aux dictateurs, révisionnistes par nature, ils veulent un passé à leur

mesure pour contrôler le présent et laver les cerveaux. Chroniqueur de Louis IX à la canonisation duquel il oeuvra, Joinville raconta forcément la 7ème croisade à sa manière : avec admiration pour son héros et pour l'édification des lecteurs. De le souligner, est-ce signe d'objectivité et de sens critique ? Et de noter que la raison véritable de cette croisade a pu relever d'un calcul de

politique intérieure ? Il y aurait ainsi une version pieuse de la croisade, au nom de Dieu et de la foi, qui habillerait l'objectif réel d'une colonisation intérieure du pays : en exploitant la ferveur et l'aveuglement populaire et en autorisant Louis IX à lever une armée pour la croisade, le pape Urbain IV permettrait au roi d'augmenter son territoire et celui de son frère le Comte de Provence. Bien sûr, en contrepartie les deux frères aideraient les Cités du Nord de l'Italie à se débarrasser de la tutelle des Hohenstaufen en conflit avec la papauté.

La vérité de la 7ème croisade est-elle là, dans cet échange de bons procédés, dans ce petit arrangement entre amis ? Et quid de la religion qui apparaît comme un prétexte et un instrument de pouvoir ? Quel historien le dira ?


FrançoisCarrassan

Adjoint à la Culture